Dans les forêts de Sibérie, Safy Nebbou.

Hello tout le monde !

J’espère que vous passez une bonne semaine, avec le soleil qui s’est décidé à revenir (en tout cas à Bordeaux) ! On se retrouve aujourd’hui pour parler cinéma, et plus précisément du film Dans les forêts de Sibérie, de Safy Nebbou, avec Raphael Personnaz dans le rôle principal. J’ai eu la chance de voir ce film en avant-première hier (le film sort le 15 juin au cinéma), en présence de Safy Nebbou et de Raphael Personnaz. Ils nous ont dit de ne pas hésiter à parler du film autour de nous, surtout s’il nous avait vraiment plu. Et comme j’ai vraiment beaucoup aimé Dans les forêts de Sibérie, je vais me faire un plaisir de répondre à leur demande et vous expliquer pourquoi vous devriez vraiment aller le voir ^^ !

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Here we go !

Dans les forêts de Sibérie est un film français (et un peu russe aussi) réalisé par Safy Nebbou, avec Raphael Personnaz et Evgueni Sidikhine dans les rôles principaux. Il est librement adapté du livre du même nom écrit par Sylvain Tesson.

Teddy, un jeune Français, décide de tout plaquer pour aller vivre dans une cabane sur les berges gelées du lac Baïkal en Sibérie. 

Je crois que j’avais vaguement vu passer la bande-annonce de ce film, et la présence au casting de Raphael Personnaz dans le rôle-titre et d’Ibrahim Maalouf à la musique ont suffi à me convaincre. J’ai eu un peu peur, en voyant la bande-annonce, de me retrouver face à un The Revenant à la française, avec un personnage principal qui allait devoir lutter pour sa survie, se dépasser, compter avec la nature, etc. Eh bien , pas du tout. J’ai été très agréablement surprise par la réalisation, le message que fait passer le film et l’histoire, tout simplement.

Alors que The Revenant nous mettait face à un film tout en lutte, en violence, et qui pour moi en faisait trop, Dans les forêts de Sibérie fait exactement le contraire. Le film dégage une sensation d’apaisement, voire presque de légèreté. Pas dans son scénario, plutôt au niveau du jeu des acteurs et de la réalisation. En parler avec Raphael Personnaz après la projection m’a aidée à mettre des mots sur ce ressenti. J’ai eu un peu l’impression de voir les films The Revenant et Wild se rencontrer. Mais la comparaison avec The Revenant s’arrête à seulement quelques aspects très superficiels du film : il fait froid, notre héros est barbu et à un moment il y a un ours. « C’est comme comparer Bienvenue à bord et Titanic. Le seul point commun entre ces 2 films c’est le bateau quoi. » Merci Raphael, j’ai compris que je faisais parfois des comparaisons foireuses, histoire de ma vie ^^. Pour Wild, c’est plus par rapport au côté presque voyage initiatique que je ne peux m’empêcher de faire la comparaison. Je suis du genre à relier les différents films que je vois entre eux, comme pour me donner des points de repère au cours du visionnage.

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L’histoire se lance réellement lorsque Teddy fait la connaissance d’un Russe en cavale, Aleksei, qui vit caché dans cette forêt de Sibérie. On assiste à la naissance d’une amitié entre les 2 hommes, entre discussions, tempêtes de neige et quelques verres de vodka. Evgueni Sidikhine, qui incarne Aleksei, est un grand gaillard à l’allure un peu ours, qui dégage pourtant une grande douceur, à l’image de tout le film. On le découvre à travers les yeux de Teddy tout au long du film, on apprend à le connaître, à l’apprécier, on est ému par son histoire.

La musique de Ibrahim Maalouf permet de renforcer cette impression de légèreté et de calme qui se dégage de tout le film. Cette BO va très rapidement finir dans ma playlist, je l’écoute déjà en écrivant cet article. Le clip réalisé par Safy Nebbou pour la sortie du film vous permettra de vous faire une idée de l’ambiance du film, un peu plus encore que la bande-annonce à mes yeux. La musique est présente juste comme il faut, jamais envahissante, toujours aux bons moments. J’ai trouvé qu’elle illustrait et soulignait parfaitement la réalisation ainsi que la nature montrée par le film.Ce n’est pas une musique qui nous dit quoi ressentir, c’est une musique qui nous porte tout au long du film, qui nous permet de nous immerger encore un peu plus dans cette histoire. C’est le genre de musique qui apaise et qui est, je trouve, extrêmement inspirante pour la création d’une chorégraphie (mais là c’est la danseuse en moi qui parle).

La nature est filmée avec un respect et un amour évident. Ici, pas question de se battre contre elle. Teddy apprend progressivement à s’acclimater à son nouvel environnement, à faire avec, à l’accepter. Le film est en permanence sur le fil : on est face à une oeuvre qui peut sembler simplement contemplative, tant la beauté des paysages, de l’image, est à couper le souffle. Mais voir Teddy accepter la nature autour de lui et ce qu’elle est capable d’accomplir ne veut pas dire qu’il est fataliste, ou résigné. Ça ne l’empêche pas de vivre sa vie, il ne fait que s’adapter. Le lac Baïkal est un personnage à part entière dans ce film, il vit sa vie indépendamment de ce que font les hommes autour de lui. Je n’ai pas eu de sentiment d’esbroufe au cours de ma séance, juste une caméra posée là, qui me montrait ce lac, ces lumières, cet environnement. Comme pour me dire « allez, je pose ça là, c’est beau et je choisis de te le montrer et de partager ça avec toi. »

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J’aime ces films qui réussissent à faire passer un message sans donner l’impression de faire la morale au spectateur, qui racontent juste un moment, une tranche de vie, sans être définitif sur le destin de leur personnage principal, à la manière d’un film comme (500) Jours Ensemble (quand je vous disais que j’aime relier tous les films que je vois, je déconnais vraiment pas). Je craignais un film moralisateur qui nous dirait que notre mode de vie actuel c’est tout pourri et qu’on devrait tous aller faire une retraite en Sibérie, pour retrouver la vraie vie blablabla. Eh bien pas tellement au final. C’est ce qu’a l’air de penser Teddy et il l’exprime à plusieurs reprises au cours du film. Cependant, les personnages qui l’entourent le regardent avec un air attendri, voire un peu amusé, quand il en parle. Ils lui rappellent assez souvent que les gens qui l’entouraient en France, sa famille, ses amis, sont également essentiels à sa vie, ont besoin de lui. Pendant la séance de questions-réponses après la projection, Raphael Personnaz a bien résumé le message que fait passer Aleksei à Teddy à ce sujet : « les autres sont l’essence même de la vie ». Ou quelque chose comme ça. A peu près.

Côté adaptation, le film s’éloigne apparemment pas mal du livre. Mais le scénario a été approuvé par l’auteur du livre, Sylvain Tesson, qui n’était pas contre le fait d’ajouter un peu de romanesque à son histoire. Cette manière d’appréhender la notion d’adaptation m’a énormément plu : une adaptation n’a pas forcément à être un copié-collé du matériau de base. Certains éléments qui passent très bien dans le livre peuvent être difficilement transcrits sur grand écran, ce qui fonctionne à l’écrit peut ne pas fonctionner dans un film. En tout cas, je vais vite me procurer mon exemplaire du livre Dans les forêts de Sibérie et le poser touuuut en haut de ma PAL.

Dans les forêts de Sibérie est un film très touchant, qui n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour émouvoir son public. C’est aussi un film qui dégage une réelle sensation de sérénité, de légèreté, d’apaisement, appelez ça comme vous voulez. Pouvoir en parler avec Safy Nebbou et Raphael Personnaz a été très intéressant, parce qu’on ne voit pas ce genre d’oeuvre au cinéma tous les jours. C’est le genre de film qui fait voyager, qui offre une sorte de parenthèse enchantée, qui donne aussi envie de voyager, de partir à l’aventure, même si ce n’est pas pour toute une vie, juste pour quelques temps. Wild m’avait fait le même effet, et cette envie de prendre juste un sac à dos et d’aller respirer quelques temps recommence à me titiller…

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Bande-annonce 

Et c’est tout pour Dans les forêts de Sibérie ! Comme vous avez dû le comprendre, je ne peux que vous conseiller d’aller voir ce film. Si vous l’avez déjà vu, qu’en avez-vous pensé ? Quels films avez-vous vu dernièrement ? Est-ce vous aussi vous trouvez que Raphael Personnaz a un faux air de Sebastian Stan, aka Bucky dans les films Captain America (et le Chapelier Fou dans Once Upon a Time) ? Ou c’est encore juste moi et mes comparaisons foireuses ? J’espère vraiment avoir pu vous donner envie d’aller voir Dans les forêts de Sibérie. On sourit, on rit, on est ému. Que demander de plus à un film ? On se retrouve dimanche, bonne fin de semaine !

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Ma petite trombine avec Raphael Personnaz ^^
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6 réflexions sur “Dans les forêts de Sibérie, Safy Nebbou.

  1. Super article, très agréable à lire ! J’avais déjà envie d’aller voir ce film, malheureusement aucun cinéma dans mon département n’a de séances de prévu –‘. J’attendrai sa sortie DVD ma foi !

    Merci pour le lien de la musique de Ibrahim Maalouf, rien que le petit aperçu de la musique du film est très belle <3.
    Il me tarde de découvrir ce film, depuis que je suis allée à une conférence sur le Baïkal en décembre dernier, j'aimerai vraiment y aller 😀

    J'aime quand tu as souligné que "Le lac Baïkal est un personnage à part entière dans ce film", parce que les Russes habitant à côté ne le voient pas comme un simple lac, mais un genre "d'entité". Ils ne l'appellent pas le lac Baïkal, mais tout simplement Baïkal, comme si c'était une personne justement (paroles d'une connaissance originaire d'Irkoutsk, qui organise justement des voyages pour découvrir le Baïkal ^^').

    Bref, merci pour ce super article ! 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Merci pour ton commentaire, ça fait plaisir de te retrouver par ici 🙂 !
      Le film ne sort que le 15 juin au cinéma (je m’étais trompée dans la date de sortie, j’ai rectifié), donc on ne sait jamais ^^.
      C’est vrai que le réalisateur et Raphael Personnaz ont énormément insisté sur l’importance du Baïkal pour les gens de la région. Si je supportait mieux le froid (mon seuil maximum a été atteint à Strasbourg XD), je n’hésiterais pas une seconde à prendre mon sac à dos pour aller voir ce lac de mes propres yeux 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Je suis bien contente de lire un premier commentaire et ressenti sur ce film. Via un blog culturel j’avais appris il y a quelques semaines du projet de film. Il s’avère que j’ai lu le livre il y a 2 ans, bien qu’était très très sensible à la nature, sa préservation et tout ce qui va avec (jai fais mes études secondaire dans ce domaine, en gestion et protection des milieux naturels et écosystèmes), je n’avais pas accroché à la lecture. J’ai eu du mal a terminer, ce qui m’arrive rarement.
    Comme tu dis que ça se détache quand même du livre cela me motive à aller en salle! En plus la vue de grands espaces, le calme, la nature ne peuvent que faire du bien.

    http://www.mesideesnaturelles.fr

    Adeline

    Aimé par 1 personne

    1. Bienvenue sur le blog, merci pour ton commentaire 🙂 !
      Parfois on pense que c’est gagné d’avance avec certaines lecture, mais il suffit de pas grand-chose pour qu’un livre ne nous plaise pas tant que ça au final ^^’. Dans le cas de cette adaptation, le réalisateur a voulu donner un côté plus romanesque et moins contemplatif que le livre à son film.
      J’espère que le film te plaira en tout cas 🙂 !

      J'aime

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